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Projet Éducation Au début des années soixante, avec les indépendances africaines et le manque des cadres et d’ouvriers qualifiés dans presque tous les domaines, la motivation politique était de faire en sorte que l’on puisse former des gens, dans les conditions d’alors, pour qu’ils occupent les places restées vacantes après le départ des colons, et combler le vide qui existait dans le domaine d’éducation et de l’enseignement. Malgré les difficultés de l’époque, notre pays le Congo avait pu mettre en place un système éducatif et d’enseignement efficace, avec des campagnes d’alphabétisation dans presque toute l’étendue du territoire national, qui le plaçait dans les toutes premières places dans la lutte contre l’analphabétisme dans le continent. Et les chiffres, d’après les rapports de l’organisation onusienne l’UNESCO, étaient éloquents. Nous avions alors, dans les années soixante dix, l’un des plus bas taux d’analphabétisme du continent. Aujourd’hui les données ont changées ; les crises politiques à répétition que notre pays a connu depuis maintenant près de vingt ans n’ont pas permis aux politiques d’avoir une sincère volonté dans l’éducation et l’enseignement, l’état laborieux de notre économie aidant, il n’y a eu depuis lors, comme l’on peut le constater, aucun investissement digne de ce nom de la part de l’État dans ce secteur pourtant capital pour le processus du progrès et le développement d’un pays. Reformer notre système éducatif et de l’enseignement exige des profondes reformes dans ce domaine, des reformes qui nous permettront de donner à tout le monde dans le pays des possibilités et la change d’apprendre, de se cultiver, d’étudier et enfin de pouvoir s’émanciper personnellement dans la vie. Pour répondre à la question, nous pensons qu’il est important de voir les choses de manière lucide, avec un esprit clair.Les changements qui s’imposent dans notre système éducatif et de l’enseignement engage l’État à s’investir dans ses responsabilités, comme cela s’impose, en premier partenaire et investisseur dans ce secteur. Partenaire parce que l’État servira, par exemple, de lien entre notre système de santé et l’éducation ; à travers la santé publique, l’État est à mesure de contrôler les naissances dans le pays et de travailler, par rapport à ces données, avec l’éducation nationale sur l’arrivée future de ces enfants dans le système éducatif, ce qui lui permettra, en tant qu’investisseur dans ce secteur, d’avoir une vue claire, dans ses prévisions, sur les chiffres à investir.
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Comment organiser tout cela ? D’abord faire de l’enseignement une priorité. Rendre obligatoire l’école pour tout le monde, et gratuite, jusqu’à l’âge de 16 ans. C’est un engagement que l’État doit prendre solennellement. Il doit consacrer pour cela une part conséquente de son budget, selon les besoins, à l’enseignement national afin de permettre la création de structures viables et le bon fonctionnement du système. C’est dans ce sens qu’il est important de doter le pays de structures telles d’écoles maternelles, primaires, collèges et lycées, de bonnes qualités, partout sur l’étendue du territoire national ; car cette dotation est un facteur essentiel dans la réalisation de ce projet de profondes reformes de notre système éducatif et de l’enseignement. Comment orienter le système éducatif et de l’enseignement dans le pays ? Organiser un vrai système d’enseignement basé sur le tronc commun jusqu’à la classe de 3ème où les élèves recevrons une formation générale poussée et continue tout au long de leur scolarité. Pendant toute cette période de scolarité les élèves sont suivis selon leur rendement scolaire, capacité intellectuelle, manuelle et leur habileté. Après l’examen de la classe de 3ème, certains élèves sont orientés vers les filières techniques pour être préparés à des métiers, selon les besoins du pays et la demande du marché du travail— ils auront et garderont toujours la possibilité de pouvoir poursuivre des études supérieures après leur formation—, d’autres continueront au lycée, pour les études pré-universitaires, préparer l’entrée à l’université. Lorsque nous parlons d’université au Congo, nous n’avions qu’une seule référence, notre seule et unique (vétuste) université Marien Ngouabi de Brazzaville. À l’heure de la mondialisation, ou le monde est devenu et fonctionne, dans les domaines d’échanges, comme un seul et même village, il est impératif, pour le bien de son processus de développement, que notre pays puisse faire partie de ce grand village et pouvoir tirer profit de ces échanges. Mais cela ne pourrait être facilité qu’en dotant le Congo d’un vrai système universitaire, en encourageant la fondation d’universités, dans toutes les grandes villes du pays, qui joueront le rôle attractif de vrais pôles économiques qui lui permettront enfin d’échanger et de partager avec d’autres, à travers ses universités, connaissances et savoirs. Le Congo doit atteindre ce niveau ou il pourrait compter sur ses propres universités, avoir ce privilège de pouvoir former ses propres cadres et universitaires au sein de ses propres structures. Mais cela ne peut se réaliser avec une seule et vétuste université dans le pays. C’est dans ce cadre que nous pensons— c’est aussi une forme de décentralisation, en tenant bien sûr compte des zones et villes qui pourraient, dans cette démarche, devenir de pôles économiques importants — fonder des universités modernes dans les villes de Pointe-Noire, Loubomo (Dolisie) et Ouesso. Ces universités pourront avoir, en tenant compte de l’importance démographique et de l’activité économique de certaines régions et villes, des succursales et des facultés ailleurs pour épargner aux étudiants certains déplacements (qui pourraient être évités), tout en dotant Brazzaville d’une autre structure universitaire, pour désengorger l’université Marien Ngouabi de l’afflux des étudiants. Pour les autres étudiants, l’État devrait par exemple déterminer l’âge jusqu’auquel il continuera avec le financement de leurs études. Nous pensons que jusqu’à l’âge de 26 ans, l’État pourrait encore financer les études de tout le monde. Quelles seront les carrières dispensées dans nos universités, écoles et centres de formation ? Nos universités, écoles et centres de formation se baseront des réalités et besoins de notre pays, selon les besoins et demandes du marché du travail. L’état désastreux de l’actuel système de santé publique de notre pays est une réalité qui devrait encourager dans ce sens nos universités, écoles et centres de formation sur les filières et carrières de santé. Former des médecins, infirmiers et d’autres personnels de santé devrait être une priorité pour nos écoles. Notre projet de santé estime à 20 000 le nombre de médecins que notre santé publique a besoin, avec plus ou moins le double de ces chiffres pour le personnel infirmier. Médecine générale, Médecine tropicale, Médecine spécialisée, Stomatologie, Ophtalmologie, Laboratoire (avec toutes les branches affiliées), Pharmacie (avec toutes les branches affiliées), Gestion des hôpitaux… De même que dans d’autres domaines, tel que l’agropastoral, où les besoins du pays sont aussi énormes, nos universités, écoles et centres de formation devront être au point, afin d’être capables de pouvoir dispenser un enseignement de qualité qui permettra à nos étudiants, une fois sur le marché du travail, d’être compétant avec les technologies de pointe. Pareille dans l’ingénierie, nos écoles— c’est aussi à quoi servent les universités, études et recherches— devront recenser les manques et besoins du pays dans ce domaine, et commencer avec des nouvelles carrières. Car, malgré les quelques rares cadres que le Congo a envoyé se former à l’étranger dans les décennies passées d’après indépendance— et presque tous sont aujourd’hui sur le banc du chaumage— notre pays doit, impérativement, comme nous le pensons, former énormément dans ce secteur. Le Congo en a besoin ! Parce que pour un pays comme le notre, encore vierge, qui doit se construire et se développer, le secteur de l’ingénierie est aussi, comme tous les autres, d’une importance capitale. Mais pour cela, nos écoles et universités ont encore du chemin à parcourir ; et nous sommes tout à fait conscients que l’on ne devient pas une grande école en une année, surtout lorsqu’il n’y a pas de volonté politique suivie de bons investissements. L’exemple même de notre vétuste université Marien Ngouabi de Brazzaville devrait nous le rappeler. Pour être au niveau, et de pouvoir dispenser un enseignement de qualité, à l’instar de ce qui est dispensé dans des grandes écoles de renommée internationale, nos écoles et universités devront aussi travailler dans le sens de chercher à établir des programmes de partenariat avec d’autres systèmes d’enseignement et universités à l’étranger ; par exemple établir des programmes d’échange d’étudiants avec d’autres pays. Ce projet est pensé dans le contexte actuel de la mondialisation, et le Congo en fait partie ; car nous sommes convaincus que reformer profondément notre système éducatif et de l’enseignement, en lui donnant plus de moyens, en améliorant la qualité et le niveau d’études, en dotant nos écoles et universités des technologies nouvelles et de pointe, qui nous permettront d’acquérir de la maîtrise technique, notre pays se mettra tout seul sur les voies et processus de l’industrialisation et du développement. Comme nous sommes également convaincus qu’une fois toutes ses conditions réunies et mises à la disposition des populations, avec des suivies appropriées, elles permettront et faciliteront l’émancipation des individus, l’esprit d’initiation et encourageront fortement l’esprit d’innovation dans le pays. Telles sont nos motivations à l’U.P.F.C, que nous voulons nobles, pour ces profondes reformes qui devront avoir lieu au sein de ce noble domaine du système éducatif et de l’enseignement de notre pays. |