Ville

Projet  Municipalisation  


Comme
tous les projets que nous concevons dans le cadre d’amélioration des conditions de vie dans notre pays, celui-ci ne fait pas exception ; il s’inscrit lui aussi dans la même optique de notre vision de reformes et de construction ; car un bon développement part toujours par une justice sociale, et il ne peut y avoir de justice sociale sans un juste développement des localités dans lesquelles la société y vit.

Que l’on les appelle village, ville, municipalité ou commune, le devoir de l’État— dans son fonctionnement républicain, à l’image d’une Cité sagement gouverné— est celui de créer, dans le sens de la construction, des conditions de vie viables pour les populations, afin de permettre l’installation d’une justice sociale (développement) au sein de la société.

Dans le cas de notre pays, le Congo, à regarder l’histoire— très spécifiquement après l’indépendance— et les mouvements des populations, on se rend compte que, bien que le village y tient presque toujours, symboliquement, le rôle qu’il a toujours tenu, celui du noyau familial des congolais, les villes ont aujourd’hui une importance majeur dans notre société, et cela se confirme par le simple fait que plus de la moitié de la population de notre pays vit en ville.


Depuis les années soixante, la croissance démographique n’a cessé d’augmenter dans les milieux urbains (Brazzaville et Pointe-Noire, nos deux principales villes, ne s’en dégorgent pas), la gestion urbaine étant presque absente dans la quasi-totalité de nos villes, et avec toutes les difficultés que cela a engendré, la situation urbaine de notre pays est, à l’image de ce que nous offre aujourd’hui ce paysage, catastrophique. Le tableau qui s’offre à nos populations aujourd’hui, dans leur quotidien, est celui-ci : délabrement dans un état avancé de quelques rares infrastructures existantes, manque d’eau potable et d’électricité, accumulation de déchets d’ordures dans les quartiers. Une absence totale d’un système d’assainissement ; cela représente, malheureusement pour nos populations qui y vivent, un danger majeur permanent pour l’environnement et la santé ; et on sait bien ce que cela représente aujourd’hui au Congo en perte de vie humaine.

 

Alors, dans l’optique de notre vision de reformer, nous pensons qu’il est nécessaire de reconstruire nos villes ou tout simplement, s’il le faut, de construire de nouvelles villes en les dotant des infrastructures d’assainissement viables qui éviteraient aux populations les insalubrités dans lesquelles elles y vivent aujourd’hui. Et, plus ample encore, dans une démarche de modernisation, de doter aussi nos villes, communes et municipalités d’autres infrastructures urbaines qui leur permettront de fonctionner comme cela s’impose dans le quotidien d’une agglomération.

L’idéal serait dans ce cas de trouver une forme adaptable à nos réalités ; créer des villes selon les besoins des populations : administratifs et judiciaires, commerciaux, transports, culturels et loisir. L’ensemble de toutes ces conditions réunies dans une agglomération ne pourrait être que bénéfique à la population ; il lui permettrait, en tant que usager et consommatrice, de pouvoir bénéficier et profiter d’un paysage urbain cohérent qui lui serait agréable à vivre.

Pour cela, nous avons ici l’image ou le modèle de ce que nous pourrions appeler une ville décentralisée ; car, dans une agglomération comme Brazzaville, avec ses sept arrondissements et sa zone périphérique, nous pourrions créer, déjà à la base, en tenant bien sûr compte de l’importance démographique et de l’affluence des populations dans différentes communes, sept pôles administratifs et d’activités. Ce qui éviterait à la population de toujours se déplacer à des kilomètres de chez elle pour l’obtention, par exemple, d’un document administratif officiel ; celui-ci pourrait désormais être obtenu sur place.

Centres administratifs

 

Création de centres administratifs municipaux et communaux, avec des succursales dans différents quartiers des communes et arrondissements.

Ils devraient faciliter l’administration communale, dans son exercice quotidien, à résoudre, sans des longues attentes pour les solliciteurs comme cela se fait aujourd’hui, les problèmes administratifs des habitants ; ils permettraient à notre administration d’éradiquer la lenteur des procédures administratives auxquelles sont soumises les congolais pour l’obtention d’un document officiel.


Chaque commune ou arrondissement se doterait de fait, selon son importance démographique et ses moyens, des infrastructures administratives modernes qui lui permettront de répondre aux attentes et besoins des populations qui y habitent.

C’est-à-dire que les mairies de chaque commune ou arrondissement devraient être équipées d’un système informatique performant relié à tous les autres, et accessible dans tous les centres administratifs du pays, qui permettrait aux populations de s’enregistrer et d’obtenir un numéro social référencié à l’identité de chacun. Cette image d’organisation de la ville nous faciliterait déjà la tâche, comme nous le pensons à l’U.P.F.C, à l’instauration d’un système social efficace et cohérent, en rapport avec ce que nous proposons dans notre projet de santé publique.

Tout congolais et tout résidents devrait de fait, chacun dans la commune où il réside, être enregistré et obtenir un numéro social référencié à son identité qui lui permettra d’accomplir l’ensemble de ses démarches administratives ; dès lors, en se présentant dans un bureau administratif, il ne lui faudrait plus qu’à présenter son numéro social.

 

Pôle d’activités

 

Chaque commune ou arrondissement, dans le fonctionnement que nous voulons donner à nos villes, doit être donc doté d’un pôle d’activité qui comprendra un centre administratif, avec des bureaux de postes et de banques, et un centre commercial— celui-ci équipé de boutiques et commerces de tout genre répondant aux besoins de la population, accompagné de centres culturels et de loisirs avec des salles de sport. La construction de ces centres commerciaux devrait être soumise aux règles établies par l’État, comme l’ouverture de tout commerce dans ces centres doit être elle aussi soumise aux règles des chambres de commerce locales. Ce qui vaudrait dire que toute ville, municipalité et commune de notre pays devrait se doter une chambre de commerce ou d’une succursale, afin que tout cela se réalise d’une façon contrôlée par les bureaux et institutions en charge.

 

Tout cela demande une bonne et cohérente politique d’aménagement du territoire. L’État s’appliquerait de fait, par ses représentants en fonction, durant leur mandat dans les villes, municipalités, communes ou arrondissements, à construire des infrastructures routières et toutes autres sortes de voies de communications afin de permettre et de garantir la libre circulation de biens et de personnes. Ces infrastructures devront permettre une bonne connexion entre quartiers, communes ou arrondissements dans l’ensemble de la ville et son agglomération. Dans la réalisation de ces infrastructures, l’aménagement du territoire devrait prévoir et garantir la sécurité des usagers, en prévoyant des tracés routiers réservés à chacun eux : des voies pour des voitures, des voies cyclables, et des espaces réservés aux piétons. Tout cela dans les normes et dans le respect environnemental.

Cela dit, dans ce projet villes et municipalités, pour que son accomplissement soit idéal, l’État doit être totalement investi dans son rôle de pouvoir public, afin de pouvoir organiser, gérer et veiller au bon fonctionnement de la chose publique.

C’est pourquoi nous, l’U.P.F.C, pensons qu’il est important que l’État, dans tout engagement de nouveaux projets d’urbanisation, doit tenir compte de tous les paramètres ; il devrait par exemple, après avoir choisi le les lieux, avec tous les partenaires techniques (scientifiques) et économiques avec lesquels il devrait travailler sur le projet, définir un plan d’aménagement, avec des prévisions futures, qui devra réserver une partie des surfaces constructives à de bâtiments à vocation commerciale, culturelle, universitaire, sportive (loisir) ou associative. Il tiendrait aussi compte des paramètres environnementaux, afin de définir les emplacements réserves aux espaces vertes.

 

Cela dit, avec la construction d’usines d’assainissement d’eau et de barrages électriques, qui permettront l’amélioration des réseaux de distribution dans ces domaines, tout bâtiment construit dans nos villes devra être alors adapté aux normes actuelles de construction. Les promoteurs qui auront par exemple gagnés un appel d’offre pour la construction des logements ou tous autres bâtiments devront les livrer avec toutes les conditions requises aux normes. Ces bâtiments devront avoir toutes les installations : conduit d’eau, installations électriques, téléphoniques (et internet) avec des points de branchement. Ils devront aussi prévoir, dans chaque rue, des espaces réservés au dépôt et ramassage des ordures. Nos villes devront être des villes propres et modernes, et pour atteindre ces objectifs, des techniques existent, afin de lutter contre l’insalubrité galopante et presque endémique qui mine nos communes ; cela, d’une façon pratique, améliorait les conditions de vie dans nos villes, et aurait aussi un impact positif sur la santé publique.

L’aménagement du territoire doit prendre en compte tous ces facteurs.

Et ce projet, comme nous le concevons, devrait permettre aussi à nos communes et municipalités de se doter de cartes de ville.

 

Les transports

 

Dans cette société d’économie de marché, l’État à le rôle d’arbitre, et encouragera la libre entreprise ; il fera des appels d’offres pour des secteurs qu’il voudrait privatiser. L’État devrait créer lui-même, sinon encourager la création des sociétés privées de transports urbains qui desserviront, d’une façon organisée (en tenant compte des cartographies), les différents axes et points des communes ou arrondissements avec des interconnexion dans toutes les autres communes et arrondissements de la ville et son agglomération, afin de permettre à tout le monde d’avoir accès aux transports en commun.

 

Ce projet, comme nous le disons, dans sa conception, est en rapport avec tous les autres que nous concevons dans la même optique de notre vision de reformes et de construction ; car nous nous pensons, à l’U.P.F.C, qu’avec une volonté de faire, nous pourrons, dans la dignité, construire le Congo.